L'Hebdo #172 : Les marchés à l'épreuve de l'escalade géopolitique au Moyen-Orient et le calendrier des impôts 2026
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Géopolitique au Moyen-Orient : l'espoir d'une paix ébranlé par Trump
Une semaine de haute volatilité a marqué les marchés financiers, initialement portés par l'espoir d'une résolution imminente du conflit au Moyen-Orient. Le CAC 40 a progressé de 3,38%, le S&P 500 de 3,36% et le Stoxx Europe 600 de 3,71% sur trois séances de forte hausse. Cependant, un discours offensif de Donald Trump mercredi soir a brutalement inversé la tendance. Le président américain a menacé de frapper durement les infrastructures iraniennes pendant encore deux à trois semaines et écarté tout cessez-le-feu immédiat. Une rumeur Bloomberg évoquant des discussions entre Téhéran et Oman au sujet du détroit d'Ormuz a toutefois rassuré en fin de semaine. Pour les investisseurs, la prudence reste de mise tant que le détroit d'Ormuz n'est pas réouvert, le cours du pétrole servant de boussole dans cette période d'incertitude géopolitique majeure.
2. Flambée des matières premières : pétrole et aluminium en forte tension
Le conflit au Moyen-Orient provoque une envolée spectaculaire des cours des matières premières. Le Brent a bondi de 10% pour atteindre 109$ le baril après les déclarations de Trump, effaçant totalement les baisses enregistrées en début de semaine quand les cours étaient passés sous les 100$. L'aluminium a franchi le cap des 3500$ la tonne à Londres, sa production étant fortement perturbée par la fermeture du détroit d'Ormuz et l'arrêt de plusieurs fonderies au Moyen-Orient. L'or, après avoir atteint 4800$ l'once grâce à la faiblesse du dollar, a chuté de près de 4% suite au discours de Trump. Cette flambée des prix énergétiques renforce les risques inflationnistes et pourrait pousser la Réserve fédérale américaine à maintenir des taux d'intérêt élevés. Les producteurs européens comme Norsk Hydro (+10,78%) profitent de cette situation, leur production étant épargnée par le conflit.
3. Secteur défense en ébullition, performances contrastées ailleurs
Le secteur de la défense européenne connaît un véritable boom avec l'escalade des tensions. Rheinmetall bondit de 13,85% après l'arrivée du drone MQ-28 de Boeing en Allemagne, Thales explose avec +12,44% grâce à son satellite IOD-2, tandis que BAE Systems et Saab décrochent un contrat antiaérien suédois. Cette dynamique contraste avec les difficultés d'autres secteurs : Nike chute de 13,98% malgré des résultats dépassant les attentes au T3, pénalisé par des perspectives moroses en Asie. Le promoteur immobilier Berkeley (-7,64%) gèle ses acquisitions foncières face aux incertitudes du marché. Côté positif, Raspberry Pi explose (+67,1%) après avoir prouvé sa capacité à répercuter l'explosion des coûts mémoire sans perdre ses clients, dépassant largement les attentes.
📰 Le dossier de la semaine : Les marchés à l'épreuve de l'escalade géopolitique au Moyen-Orient
Les marchés financiers ont connu une semaine de rebond alimentée par l'espoir d'une désescalade des tensions au Moyen-Orient, mais l'incertitude demeure palpable. L'optimisme initial concernant un possible apaisement du conflit iranien a déclenché un rallye de soulagement, même si l'absence d'une stratégie de sortie claire et les risques persistants pesant sur le détroit d'Hormuz maintiennent la volatilité et les prix du pétrole à des niveaux élevés.
1) Un rebond fragile porté par l'espoir de désescalade
Les marchés ont entamé la semaine dans l'espoir que le conflit iranien puisse s'apaiser. Les déclarations officielles évoquaient une période de deux à trois semaines avant un retrait américain de la région, avec même la possibilité d'un départ sans accord préalable. Cette perspective d'une fin de crise a été accueillie favorablement par les investisseurs, provoquant un net rebond des actions en début de semaine. Cependant, le discours présidentiel du 1er avril a davantage mis l'accent sur l'escalade des opérations militaires plutôt que sur les négociations de paix. Si la période de deux à trois semaines reste évoquée, elle correspond désormais au pic d'escalade militaire plutôt qu'à un désengagement progressif. Parallèlement, des rapports indiquent qu'Iran élabore un protocole avec Oman pour surveiller les navires traversant le détroit d'Hormuz et envisage d'instituer des péages, offrant une lueur d'espoir pour la reprise des flux pétroliers mondiaux.
2) La durée du choc pétrolier, variable clé de l'équation économique
D'un point de vue économique, la durée du choc pétrolier constitue le facteur déterminant. Dans un scénario pessimiste où le détroit resterait fermé pendant trois à quatre mois, les prix du pétrole grimperaient brutalement et des pénuries physiques d'hydrocarbures pourraient survenir à l'échelle mondiale. Cette situation exercerait une pression considérable sur l'économie mondiale, les prix élevés du pétrole entraînant des effets de second ordre comme la hausse des coûts des engrais et des produits pétrochimiques, impactant l'alimentation et l'industrie manufacturière. Dans ce contexte, la probabilité de récession augmenterait substantiellement, particulièrement en Asie et en Europe. À l'inverse, un scénario de base prévoyant une fermeture de trois à quatre semaines supplémentaires avant une réouverture progressive du détroit limiterait les dommages collatéraux. Les prix du pétrole reculeraient graduellement vers une fourchette de 70 à 80 dollars le baril, permettant à l'économie mondiale d'éviter la récession et aux marchés actions de continuer à afficher des rendements modestement positifs.
3) La résilience économique américaine face aux turbulences
Les fondamentaux économiques américains continuent de témoigner d'une remarquable résistance malgré les tensions géopolitiques. Les données récentes sur les ventes au détail et l'activité manufacturière pointent vers une croissance tendancielle stable, soulignant la solidité de l'économie. Les ventes au détail de février, hors automobiles, ont progressé de 0,5% en rythme mensuel, dépassant les prévisions de 0,3%, tandis que l'indice ISM manufacturier de mars s'est établi à 52,7, au-dessus des attentes et marquant le troisième mois consécutif d'expansion. Le rapport ADP sur l'emploi privé a également révélé la création de 62 000 postes en mars, surpassant les prévisions de 40 000 emplois. Ces indicateurs convergent vers un diagnostic de croissance régulière au premier trimestre, sans signes manifestes de faiblesses structurelles, démontrant que l'économie américaine a abordé cette crise depuis une position de force relative.
Pour les investisseurs de long terme, cette période d'incertitude géopolitique ne doit pas conduire à des décisions émotionnelles précipitées, mais plutôt inciter à une réévaluation disciplinée des portefeuilles. La durée du choc pétrolier demeure l'élément déterminant pour l'évolution des marchés, avec un scénario de normalisation progressive qui reste le plus probable, bénéficiant à toutes les parties impliquées dans ce conflit complexe.
🏠 Immobilier : Impôts 2026 : le calendrier de déclaration des revenus 2025 dévoilé en avance par les syndicats
La traditionnelle campagne de déclaration des revenus ouvrira ses portes le jeudi 9 avril 2026 pour les revenus perçus en 2025. Contrairement aux années précédentes où le calendrier était révélé le jour J, les syndicats des centres des finances publiques ont anticipé l'annonce officielle en dévoilant les dates butoirs quelques jours avant le lancement.
1) Un calendrier révélé par anticipation par les organisations syndicales
Le secret du calendrier fiscal 2026 n'aura pas tenu jusqu'au bout. Alors que la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avait prévu de communiquer les dates limites le 9 avril, jour d'ouverture du service de déclaration en ligne, les syndicats ont pris les devants. Cette information provient du bimensuel de la Confédération générale du travail Force Ouvrière et a été confirmée par le syndicat Solidaires Finances publiques, puis relayée par MoneyVox. Bien que contactée par la presse économique, la DGFiP maintient le silence sur cette divulgation anticipée. Cette discrétion administrative contraste avec la transparence syndicale, mais ne remet pas en question la fiabilité des informations diffusées. L'habitude prise par les organisations syndicales de communiquer sur ces sujets techniques renforce leur crédibilité auprès des contribuables en quête d'informations pratiques.
2) Un échelonnement géographique des échéances pour la déclaration en ligne
Le système d'échelonnement des dates limites selon les départements sera maintenu en 2026, permettant une répartition des flux de connexion sur les serveurs fiscaux. Les contribuables résidant dans les départements numérotés de 1 (Ain) à 19 (Corrèze) devront finaliser leur déclaration en ligne avant le jeudi 21 mai à minuit. Cette première zone comprend également les contribuables non-résidents, qui bénéficient ainsi du délai le plus long. La deuxième échéance concerne les départements 20 (Corse) à 54 (Meurthe-et-Moselle) avec une date limite fixée au jeudi 28 mai. Enfin, les départements 55 (Meuse) à 976 (Mayotte), incluant les territoires d'outre-mer, disposent du délai le plus étendu jusqu'au jeudi 4 juin. Cette organisation territoriale permet d'éviter la saturation des plateformes numériques tout en tenant compte des spécificités logistiques de chaque région.
3) La persistance de la déclaration papier malgré l'obligation numérique
Paradoxalement, alors que la dématérialisation des démarches fiscales constitue un objectif prioritaire de l'administration, la déclaration papier conserve sa place dans le dispositif 2026. La date limite unique du mardi 19 mai à 23h59 s'appliquera à tous les contribuables optant pour ce format traditionnel, le cachet de la Poste faisant foi pour respecter l'échéance. Cette tolérance administrative s'adresse principalement aux foyers dépourvus d'accès internet à domicile ou à ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment les outils numériques. Les statistiques révèlent un décalage significatif entre l'envoi massif de formulaires préremplis (16 millions en 2024) et leur utilisation effective (seulement 5 millions de déclarations papier déposées). Cette situation illustre la transition progressive mais inévitable vers le tout numérique, tout en préservant l'accessibilité du service public fiscal pour les populations les moins connectées
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Cette campagne 2026 s'inscrit dans un contexte de digitalisation accélérée des services publics, posant des défis d'inclusion numérique pour certaines catégories de contribuables. L'administration fiscale doit concilier l'efficacité opérationnelle du traitement dématérialisé avec l'accompagnement des usagers en difficulté avec les nouvelles technologies. Les centres des finances publiques préparent ainsi des dispositifs d'aide renforcée, notamment pour les personnes âgées et les populations rurales moins familiarisées avec les outils numériques. L'enjeu dépasse la simple collecte fiscale pour toucher à l'égalité d'accès aux services publics et à la cohésion sociale territoriale. Les syndicats, en révélant ces informations par anticipation, manifestent leur volonté d'accompagner cette transition tout en alertant sur les moyens humains nécessaires pour assurer un service de qualité.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
Thales annonce le lancement du satellite IOD-2 pour la mission Celeste de l'ESA.
TotalEnergies signe avec EDF un partenariat sur 12 ans. Par ailleurs, le groupe aurait engrangé 1 MdUSD de profits en raflant le marché du brut au Moyen-Orient, selon le FT.
Blackstone en pourparlers pour le rachat de l'équipementier aéronautique britannique Senior, qui discute déjà avec Advent.
Takeda annonce des résultats probants en phase III pour son traitement contre le psoriasis.
Kering finalise sa prise de participation de 20% dans Raselli Franco pour 115 MEUR.
Engie se renforce dans le transport d'électricité au Brésil grâce au gain de nouvelles concessions.
Alstom s'impose dans un projet à 2,75 milliards de dollars en AMECA.
Casino dévoile un redressement de sa rentabilité et évoque son chantier financier.
Unilever confirme des discussions avancées avec McCormick pour une transaction de 16 milliards de dollars dans l'agroalimentaire.
AB Volvo devient distributeur exclusif de Lynk en Europe.
Apollo serait sur le point de racheter Atlantic Aviation à KKR pour 10 milliards de dollars.
Les immatriculations de voitures neuves en hausse de 12,86% en mars en France, selon la PFA.
L'Oréal finalise l'acquisition de Kering Beauté.
Atos finalise la cession de Bull à l'Etat français pour 404 MEUR.
JCDecaux renforce son offre de mobilier urbain à Tokyo avec l’acquisition de Vista Communications.
Louis Hachette cède le pôle luxe de Prisma Media à Vivendi.
Microsoft en discussions avec Chevron et Engine No. 1 pour une centrale électrique à 7 MdsUSD au Texas, selon Bloomberg.
OpenAI lève 122 milliards de dollars et se rapproche d'une introduction en Bourse.
Stellantis en pourparlers pour produire des VE chinois de son partenaire Zhejiang Leapmotor Technology au Canada dans une usine à l'arrêt, selon Bloomberg.
TotalEnergies et Masdar créent une coentreprise d’une valeur de 2,2 milliards de dollars pour accélérer la croissance des énergies renouvelables en Asie.
Kering vend son immeuble emblématique de la via Monte Napoleone à Milan pour 1,16 MdEUR.
Amazon en négociations pour racheter le groupe satellitaire Globalstar afin de rivaliser avec Starlink d'Elon Musk, selon le FT.
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse