L'Hebdo #173 : Un cessez-le-feu fragile relance les marchés malgré des obstacles persistants et les évolutions majeures pour la déclaration de revenus 2025

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. Trêve diplomatique Iran-États-Unis : les marchés respirent enfin

L'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran a provoqué un véritable soulagement sur les marchés financiers cette semaine. Cette trêve, destinée à prolonger les négociations, a permis aux indices d'effacer une partie des pertes accumulées en mars, le CAC 40 bondissant de 3,73% et le S&P 500 de 3,56%. Le pétrole Brent a chuté de plus de 15% à 94,24 dollars, apaisant les craintes inflationnistes qui pesaient sur l'économie mondiale. Cependant, la situation reste fragile : le détroit d'Ormuz demeure largement fermé au trafic maritime, et l'Iran exige des droits de péage en bitcoin pour les pétroliers, une condition fermement refusée par Washington. Les investisseurs attendent avec prudence les résultats des nouvelles négociations prévues ce week-end pour évaluer la durabilité de cet accord. Cette accalmie géopolitique arrive à point nommé avant l'ouverture de la saison des résultats qui débutera la semaine prochaine.

2. Renaissance de l'intelligence artificielle : les semi-conducteurs s'envolent

Le secteur technologique connaît une nouvelle vague d'euphorie autour de l'intelligence artificielle, propulsant les valeurs de semi-conducteurs vers des sommets. STMicroelectronics s'est envolé de 16,54%, accompagné par ASML, Infineon et Soitec, portés par les excellents résultats de Samsung qui a multiplié par huit son profit sur les puces mémoire. Cette renaissance de l'IA profite également aux infrastructures technologiques, Nebius bondissant de 33% sur les rumeurs de rachat de la startup israélienne AI21 Labs. Paradoxalement, cette dynamique pénalise l'écosystème logiciel traditionnel, Okta chutant de 21,52% face aux craintes de disruption par l'automatisation du code. L'arrivée du nouveau modèle d'Anthropic renforce ces inquiétudes sur la démocratisation de l'accès au développement informatique. Les investisseurs redécouvrent ainsi leur appétit pour les "pelles et pioches" de la révolution IA, au détriment des acteurs logiciels plus exposés à la substitution technologique.

3. Secteurs cycliques en fête, pétrole et services sous pression

La perspective d'une désescalade géopolitique a rallumé l'appétit des investisseurs pour les valeurs cycliques, effaçant temporairement les craintes de récession. ArcelorMittal (+13,97%) et Aperam (+16,72%) ont profité de ce regain d'optimisme, tandis que les banques européennes comme Société Générale (+11,15%) ont bénéficié de la réduction des primes de risque géopolitique. À l'inverse, le secteur pétrolier a subi de lourdes pertes avec Maurel & Prom (-10,85%) entraînant Repsol, Shell et BP dans sa chute, victimes du reflux des cours du brut. Les services ont également souffert, Sodexo s'effondrant de 12,42% après avoir abaissé ses objectifs de croissance suite à un audit de ses contrats. Cette rotation sectorielle illustre le changement radical d'humeur des marchés, passant d'une logique défensive à une approche plus offensive en quelques jours. L'or profite également de ce contexte contrasté, progressant vers 4 800 dollars l'once.

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📰 Le dossier de la semaine : Un cessez-le-feu fragile relance les marchés malgré des obstacles persistants

L'annonce d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient a déclenché un vif rebond sur les marchés financiers mondiaux, faisant chuter les cours pétroliers et propulsant actions et obligations à la hausse. Si cette trêve diplomatique apporte un répit bienvenu, le chemin vers une paix durable reste semé d'embûches, avec une échéance cruciale fixée au 21 avril qui maintient les investisseurs en haleine. 

1) Une trêve précaire qui anime les marchés 

Le cessez-le-feu de deux semaines conclu entre les parties en conflit a provoqué un puissant mouvement de soulagement sur les places financières. Cette annonce a immédiatement fait reculer les prix du pétrole de 15%, permettant aux indices boursiers de rebondir fortement après des semaines de tensions. Le pétrole WTI, qui avait atteint des sommets supérieurs à 110 dollars le baril au plus fort de la crise, s'est replié dans une fourchette de 90 à 100 dollars. Néanmoins, cette embellie reste fragile. Les cours pétroliers demeurent élevés et la volatilité persiste, alimentée par les inquiétudes concernant la durabilité de cet accord temporaire. Les récentes frappes militaires au Liban et la limitation du trafic dans le détroit d'Ormuz maintiennent la pression sur les investisseurs. 

2) Les données économiques sonnent l'alarme 

Les statistiques économiques récentes révèlent l'ampleur des dégâts causés par cette crise géopolitique. L'inflation sous-jacente, mesurée par l'indice PCE préféré de la Réserve fédérale, a continué son accélération préoccupante en février, portant la hausse annualisée sur trois mois au-dessus de 4%. Cette dynamique inflationniste reflète notamment l'impact persistant des droits de douane, les entreprises répercutant ces coûts supplémentaires sur les consommateurs. Le mois de mars a apporté son lot de mauvaises nouvelles avec un bond de 0,9% de l'indice des prix à la consommation, la plus forte hausse mensuelle en quatre ans, principalement due à l'envolée de 21% des prix de l'essence. Cette poussée inflationniste pèse déjà sur la consommation des ménages, dont les dépenses n'ont progressé que de 0,7% en rythme annualisé sur les deux premiers mois de l'année. 

3) Des enjeux politiques et économiques cruciaux 

Les pressions économiques créent un contexte politique délicat qui pourrait influencer la résolution du conflit. Dans un contexte d'élections de mi-mandat, la détérioration de l'économie représente un défi majeur pour l'administration en place. Les sondages montrent une érosion de la confiance dans la gestion économique et diplomatique, situation qui pourrait s'aggraver en cas de prolongation de la crise énergétique. Cette réalité politique renforce paradoxalement les incitations à trouver une solution durable au conflit, les dirigeants ayant tout intérêt à apaiser les tensions pour limiter l'impact sur leur popularité et sur l'économie nationale. 

Bien que les marchés aient intégré les progrès diplomatiques récents avec un rebond en forme de V des indices boursiers, l'avenir reste incertain jusqu'à l'échéance du 21 avril. Une résolution pacifique permettrait aux investisseurs de se recentrer sur les fondamentaux économiques, qui restent globalement solides malgré les turbulences actuelles. Les perspectives de croissance des bénéfices, les baisses de taux attendues et les mesures de déréglementation pourraient alors reprendre le dessus sur les préoccupations géopolitiques, ouvrant la voie à une nouvelle phase de progression des marchés. Copier le dossier

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🏠 Immobilier : Campagne fiscale 2026, des évolutions majeures pour la déclaration de revenus 2025

La campagne déclarative des revenus 2025 s'est ouvert ce 9 avril avec son lot de nouveautés significatives. Les 41 millions de foyers fiscaux français vont découvrir des modifications importantes du système fiscal, entre revalorisation du barème progressif et durcissement de la fiscalité sur certains placements. Ces évolutions touchent aussi bien les particuliers que les investisseurs et les travailleurs indépendants, nécessitant une attention particulière pour éviter les erreurs de déclaration. Le calendrier reste inchangé avec une échéance fixée entre fin mai et début juin selon les départements. 

1) Indexation du barème fiscal après des négociations tendues 

Le gouvernement a finalement cédé à la pression en acceptant d'indexer le barème progressif de l'impôt sur le revenu sur l'inflation. Initialement, l'exécutif souhaitait geler les tranches pour économiser deux milliards d'euros, mais cette mesure risquait la censure constitutionnelle. Sébastien Lecornu a donc proposé une augmentation de 0,9 % du barème, permettant de préserver le pouvoir d'achat des contribuables face à la hausse des prix. Cette revalorisation modifie sensiblement les seuils d'imposition pour 2025. Un célibataire échappe désormais à l'impôt jusqu'à 11.600 euros de revenus imposables, contre 11.498 euros précédemment. Les autres tranches suivent cette progression : 11.601 euros pour entrer dans la tranche à 11 %, puis 30 % jusqu'à 84.577 euros, 41 % jusqu'à 181.917 euros et enfin 45 % au-delà. Cette indexation bénéficie également aux parents versant une pension alimentaire à leurs enfants majeurs, avec un plafond déductible porté à 6.855 euros par enfant. 

2) Amélioration des dispositifs d'exonération pour les jeunes actifs 

Les seuils d'exonération fiscale destinés aux jeunes travailleurs connaissent une hausse bienvenue dans un contexte d'inflation persistante. Les apprentis voient leur plafond d'exonération grimper à 21.622 euros pour les revenus perçus en 2025, une mesure qui concerne également les gratifications versées aux stagiaires. Cette évolution répond aux préoccupations des employeurs et des centres de formation qui souhaitaient maintenir l'attractivité de l'apprentissage. Parallèlement, les étudiants de moins de 25 ans bénéficient d'un relèvement du seuil d'exonération pour leurs jobs étudiants à 5.405 euros annuels. Ces mesures visent à faciliter l'insertion professionnelle des jeunes sans les pénaliser fiscalement. L'administration fiscale reconnaît ainsi la précarité financière de cette population et encourage leur activité rémunérée. Ces évolutions s'inscrivent dans une politique plus large de soutien à l'emploi des jeunes, particulièrement important dans un contexte économique tendu. 

3) Alourdissement significatif de la fiscalité des placements financiers

Les investisseurs subissent un coup dur avec l'augmentation de 1,4 point de la contribution sociale généralisée sur la majorité des placements financiers. Cette hausse, adoptée lors des débats budgétaires, porte les prélèvements sociaux à 18,6 % et la flat tax à 31,4 %, rompant avec la stabilité fiscale instaurée depuis 2018. Les dividendes, plus-values de cession de titres, intérêts obligataires et revenus des livrets fiscalisés sont concernés par cette mesure, tandis que l'assurance-vie et l'épargne-logement échappent temporairement à cette hausse. Cette décision marque un tournant dans la politique fiscale française, privilégiant les recettes budgétaires au détriment de l'attractivité des investissements. Les experts notent que même l'option pour le barème progressif ne permet plus d'échapper à cette hausse des prélèvements sociaux, limitant les stratégies d'optimisation fiscale. L'impact se ressent dès cette année pour certains revenus comme les plus-values mobilières et les rentes viagères, créant une incertitude pour les épargnants français. 

4) Durcissement drastique du régime fiscal des locations meublées touristiques

La loi Le Meur de novembre 2024 produit ses premiers effets avec un bouleversement majeur du régime fiscal des locations meublées courte durée. Les propriétaires de meublés touristiques classés voient leur abattement automatique réduit à 50 % au lieu de 71 % précédemment, à condition de ne pas dépasser 77.700 euros de revenus locatifs annuels. Pour les meublés non classés, la situation devient encore plus contraignante avec un abattement limité à 30 % et un basculement obligatoire vers le régime réel dès 15.000 euros de recettes, contre 77.700 euros auparavant. Cette réforme vise explicitement à décourager la prolifération des locations type Airbnb au détriment du logement longue durée. Les propriétaires concernés par le basculement vers le régime réel doivent rapidement solliciter un expert-comptable pour établir leurs liasses fiscales avant la mi-mai. Cette évolution majeure risque de rendre non-rentables de nombreux investissements locatifs touristiques et pourrait accélérer leur remise sur le marché locatif traditionnel. 

Ces évolutions majeures redessinent le paysage fiscal français pour 2026, révélant les priorités gouvernementales entre soutien au pouvoir d'achat et recherche de nouvelles recettes. Les investisseurs doivent désormais composer avec une fiscalité alourdie sur les placements, tandis que les propriétaires de meublés touristiques subissent un véritable séisme réglementaire. Paradoxalement, les jeunes actifs et apprentis bénéficient d'un environnement fiscal plus favorable, témoignant de la volonté politique de soutenir l'emploi des moins de 25 ans. La vigilance s'impose particulièrement pour les déclarants concernés par les nouvelles modalités techniques, notamment les travailleurs indépendants et les bénéficiaires de crédits d'impôt pour l'emploi à domicile.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Pershing Square, le fonds de Bill Ackman, propose de racheter Universal Music Group dans le cadre d'une offre en numéraire et en actions évaluée à 30,40 EUR par titre.

  • OpenAIAnthropic et Google collaboreraient pour tenter de freiner les concurrents chinois, selon Bloomberg.

  • Microsoft s'engage à investir 10 milliards de dollars pour renforcer ses capacités en IA et cybersécurité au Japon.

  • Broadcom et Google concluent un accord de fourniture de TPU et de solutions réseau jusqu'en 2031.

  • La directrice financière d'OpenAI émet des doutes sur la viabilité d'une IPO en 2026.

  • SpaceX serait en pourparlers avec le fonds souverain saoudien PIF pour un investissement de 5 milliards de dollars lors de son IPO, selon Reuters.

  • Samsung Electronics prévoit un bénéfice inédit au T1 fiscal, dopé par l'IA.

  • Telefónica cède ses activités au Mexique à un consortium pour 450 millions de dollars.

  • L'iPhone pliable d'Apple reste en bonne voie pour un lancement en septembre, selon Bloomberg, après des rumeurs évoquant le contraire.

  • Publicis remporte le contrat d'agence média de Microsoft au niveau mondial.

  • Walt Disney envisage de supprimer jusqu'à 1 000 postes dans les prochaines semaines, a appris le WSJ.

  • Delta Air Lines s'attend à plus de 2 milliards de dollars de surcoûts de carburant jusqu'en juin en raison de la guerre en Iran.

  • Après 25 ans, Adidas s'apprête à perdre son contrat pour les ballons de la Ligue des champions au profit de Nike, selon le FT.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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