L'Hebdo #161 : Les fondamentaux tiennent toujours la barre et les secrets des rendements du fonds euro
đ Les news qui ont fait bouger les marchĂ©s cette semaine
1. Tensions gĂ©opolitiques, retour des rapports de force et impact direct sur les actifs ârefugesâ
Le fil rouge de la semaine, câest un monde oĂč la diplomatie laisse de plus en plus la place Ă des rapports de force assumĂ©s. Plusieurs foyers de tension sont revenus au premier plan, Venezuela, Iran, Groenland, TaĂŻwan, avec en toile de fond une mĂȘme logique, le contrĂŽle des territoires, des technologies et des ressources. Pour les marchĂ©s, ce nâest pas juste du bruit mĂ©diatique, parce que ces zones touchent soit lâĂ©nergie (Iran, Venezuela), soit les routes stratĂ©giques et les approvisionnements (ressources, minerais, terres rares). RĂ©sultat, certaines classes dâactifs ont Ă©tĂ© directement âre-pricĂ©esâ avec une prime de risque.
On lâa vu sur lâor, qui a profitĂ© Ă plein de son statut de valeur refuge, lâonce a inscrit un record autour de 4 650 USD en cours de semaine avant de refluer en fin de pĂ©riode. Lâargent a Ă©tĂ© encore plus spectaculaire, poussĂ©e jusquâĂ un sommet proche de 93,50 USD lâonce, puis correction rapide vers la zone 88,50 USD, avec une volatilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e, tout en restant en forte hausse depuis le dĂ©but de lâannĂ©e. Le pĂ©trole a, lui aussi, Ă©tĂ© trĂšs sensible au rĂ©cit gĂ©opolitique, forte tension en dĂ©but de semaine, puis reflux lorsque Washington a laissĂ© entendre que le risque dâescalade immĂ©diate au Moyen-Orient diminuait. Dans les faits, la prime de risque ne disparaĂźt pas vraiment, elle sâefface puis rĂ©apparaĂźt, au rythme des annonces, des rumeurs, et des mouvements sur le terrain.
Ce contexte sâaccompagne dâun autre mouvement de fond, le retour en force des matiĂšres premiĂšres industrielles, surtout les mĂ©taux et les minerais. La question des âminĂ©raux critiquesâ est traitĂ©e comme un sujet stratĂ©gique, et pas uniquement comme un sujet de cycle Ă©conomique. La consĂ©quence est simple, dĂšs que le marchĂ© anticipe un durcissement des chaĂźnes dâapprovisionnement ou une rĂ©duction de dĂ©pendance vis-Ă -vis dâun acteur dominant, la tension peut remonter sur les cours des mĂ©taux, et par ricochet sur les valeurs miniĂšres. Câest dâailleurs ce qui a nourri une partie de lâintĂ©rĂȘt pour le secteur en Bourse cette semaine.
2. Fed sous pression, trajectoire des taux moins lisible et marché qui réduit ses paris de baisse rapide
DeuxiĂšme point majeur, la politique monĂ©taire amĂ©ricaine, mais surtout lâindĂ©pendance perçue de la Fed. La sĂ©quence a Ă©tĂ© marquĂ©e par une escalade du bras de fer entre la Maison Blanche et Jerome Powell, avec une enquĂȘte lancĂ©e par le DĂ©partement de la justice au sujet des travaux du siĂšge de la banque centrale. Dans la lecture des investisseurs, lâenjeu dĂ©passe largement ce dossier technique, car il sâagit de savoir si lâexĂ©cutif cherche Ă crĂ©er un levier de pression pour obtenir des baisses de taux.
MĂȘme quand les chiffres semblent âplutĂŽt favorablesâ, le marchĂ© regarde la cohĂ©rence dâensemble. Lâinflation de dĂ©cembre a Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement moins Ă©levĂ©e que prĂ©vu, mais la mĂ©canique classique âinflation en baisse donc baisse de tauxâ ne sâest pas dĂ©clenchĂ©e franchement. Pourquoi ? Parce que les investisseurs ont surtout retenu que la Fed nâallait probablement pas se prĂ©cipiter, et quâune partie des anticipations se dĂ©place vers une pĂ©riode de taux maintenus plus longtemps. Les statistiques dâemploi jugĂ©es rassurantes ont aussi jouĂ© dans ce sens, elles ont confortĂ© lâidĂ©e dâune absence de baisse imminente, et ont fait reculer la probabilitĂ© dâun assouplissement dĂšs la rĂ©union suivante.
ConcrĂštement, on se retrouve avec un marchĂ© qui continue dâavancer, mais qui le fait en surveillant deux curseurs, dâun cĂŽtĂ© lâinflation, de lâautre la stabilitĂ© institutionnelle. Câest dâailleurs ce mĂ©lange qui explique la fermetĂ© de lâor en dĂ©but de semaine, le refuge nâest pas seulement gĂ©opolitique, il est aussi âinstitutionnelâ quand lâindĂ©pendance de la banque centrale est questionnĂ©e. Sur la partie obligataire, le message est plus calme, les rendements restent globalement stables, le 10 ans amĂ©ricain Ă©volue dans une zone Ă©troite autour de 4,10% Ă 4,20%. Cette stabilitĂ© est trompeuse, elle ne signifie pas absence de risques, plutĂŽt une attente, comme si le marchĂ© cherchait le prochain dĂ©clencheur clair, inflation, communication de la Fed, ou nouvelle escalade politique.
3. Rotation en actions, leadership qui change et âsuper-cycleâ des puces relancĂ© par TSMC
TroisiĂšme information clĂ©, la Bourse monte, mais pas de maniĂšre uniforme, et la hiĂ©rarchie interne des marchĂ©s est en train de bouger. Le mot ârotationâ revient parce que les investisseurs cherchent des alternatives aux segments devenus trĂšs concentrĂ©s, en particulier les grandes capitalisations technologiques amĂ©ricaines. On lâa vu sur les performances relatives depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, les grands indices trĂšs exposĂ©s aux mĂ©ga-caps progressent modestement, alors que les indices de petites valeurs (type Russell 2000) affichent une avance nette. Autrement dit, lâargent se redĂ©ploie, moins de dĂ©pendance Ă quelques gĂ©ants, davantage dâappĂ©tit pour un marchĂ© plus large, parfois plus domestique, et souvent plus sensible Ă une baisse de taux Ă moyen terme.
Dans ce paysage, un thĂšme reste trĂšs solide, les semiconducteurs. Lâannonce dâinvestissements massifs de TSMC a agi comme un rappel brutal de la centralitĂ© de cette chaĂźne de valeur. Quand le leader mondial augmente ses capacitĂ©s, cela implique mĂ©caniquement des achats dâĂ©quipements, ce qui profite aux fabricants de machines et dâoutillage, en Europe comme aux Ătats-Unis. Cette dynamique a portĂ© des hausses marquĂ©es sur plusieurs acteurs du secteur des Ă©quipements, et a ravivĂ© lâidĂ©e que, mĂȘme si le marchĂ© cherche âautre choseâ que les gĂ©ants de lâIA, il reste structurellement attirĂ© par tout ce qui alimente lâinfrastructure technologique.
LâEurope a Ă©galement montrĂ© une forme de rĂ©sistance, avec des records sur le Stoxx Europe 600, mĂȘme si certains indices nationaux ont Ă©tĂ© plus hĂ©sitants. Le luxe, par exemple, a illustrĂ© un point que les investisseurs nâoublient jamais longtemps, de bonnes ventes ne suffisent pas si les marges sont sous pression. Le cas Richemont est parlant, rĂ©action initiale trĂšs positive sur la croissance, puis retournement quand le marchĂ© a intĂ©grĂ© lâimpact potentiel de la hausse des matiĂšres premiĂšres, notamment lâor, sur la rentabilitĂ©. MĂȘme logique cĂŽtĂ© dĂ©fense, aprĂšs un dĂ©part dâannĂ©e trĂšs fort, le secteur a soufflĂ©, avec des prises de bĂ©nĂ©fices et des mouvements techniques. En toile de fond, il y a aussi un sujet de plus long terme, lâĂ©volution des critĂšres ESG et la place potentiellement plus large accordĂ©e aux acteurs liĂ©s Ă la dĂ©fense, ce qui peut changer les flux dâinvestissement sur la durĂ©e.
Enfin, si on Ă©largit au-delĂ des actions et des matiĂšres premiĂšres, la semaine a aussi Ă©tĂ© animĂ©e par le marchĂ© crypto, bitcoin au-dessus de 95 000 USD, portĂ© par de forts flux vers les ETF spot et par des annonces institutionnelles, ce qui a entraĂźnĂ© une hausse plus large du secteur (ETH, Solana, BNB). Ce nâest pas le centre du jeu pour tous les investisseurs, mais câest un indicateur utile du niveau dâappĂ©tit pour le risque, quand les flux reviennent fortement, cela dit quelque chose du sentiment de marchĂ©.
En rĂ©sumĂ©, les marchĂ©s ont progressĂ© par Ă -coups, avec une capacitĂ© Ă©tonnante Ă encaisser un environnement politique tendu, mais la semaine a surtout mis en Ă©vidence trois choses, un monde gĂ©opolitique plus nerveux qui nourrit or et pĂ©trole, une Fed sous pression qui rend la trajectoire des taux moins lisible, et une rotation en actions oĂč les petites valeurs et la chaĂźne des semiconducteurs reprennent de lâinfluence, pendant que certains secteurs, luxe, banques, dĂ©fense, restent sensibles aux dĂ©cisions politiques et aux marges.
Â
đ° Le dossier de la semaine : Au-delĂ du bruit mĂ©diatique, les fondamentaux tiennent toujours la barre
Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, lâactualitĂ© donne lâimpression dâun monde en tension permanente. Annonces politiques abruptes, crises gĂ©opolitiques, dĂ©bats sur lâindĂ©pendance des institutions Ă©conomiques ou nouvelles mesures rĂ©glementaires, le flux dâinformations semble ininterrompu. Pourtant, les marchĂ©s financiers affichent un calme relatif. Les indices rĂ©sistent, la volatilitĂ© reste contenue et les corrections demeurent limitĂ©es.
Ce dĂ©calage apparent sâexplique par un point central : les investisseurs regardent moins les titres sensationnalistes que la rĂ©alitĂ© Ă©conomique sous-jacente. En 2026, ce sont encore les fondamentaux qui guident la trajectoire des marchĂ©s, bien plus que le bruit de fond mĂ©diatique.
Des chocs gĂ©opolitiques absorbĂ©s par des prix de lâĂ©nergie contenus
Lâhistoire rĂ©cente montre que les tensions internationales nâont quâun impact temporaire sur les marchĂ©s financiers, sauf lorsquâelles provoquent un choc durable sur lâĂ©nergie. Câest souvent par ce canal que les crises se transmettent Ă lâĂ©conomie rĂ©elle.
Or, Ă ce stade, les prix du pĂ©trole Ă©voluent Ă des niveaux bas par rapport aux standards des derniĂšres annĂ©es. Cette situation limite la pression sur lâinflation et soutient directement le pouvoir dâachat des mĂ©nages, notamment via des coĂ»ts de transport et dâĂ©nergie plus modĂ©rĂ©s. MĂȘme en cas de regain de tensions, lâabondance de lâoffre mondiale agit comme un amortisseur naturel, rĂ©duisant le risque dâune flambĂ©e durable des prix.
Une inflation qui se stabilise et redonne de la visibilité
AprĂšs plusieurs annĂ©es marquĂ©es par de fortes hausses de prix, lâinflation montre des signes clairs dâaccalmie. Les derniĂšres donnĂ©es confirment une progression plus maĂźtrisĂ©e, sans accĂ©lĂ©ration inquiĂ©tante.
Ce contexte offre une marge de manĆuvre apprĂ©ciable Ă la politique monĂ©taire. La banque centrale amĂ©ricaine peut dĂ©sormais ajuster ses taux avec davantage de prudence et de progressivitĂ©, en fonction de lâĂ©volution rĂ©elle de lâĂ©conomie et du marchĂ© du travail. MalgrĂ© les dĂ©bats politiques autour de son rĂŽle, le cadre institutionnel reste solide, ce qui limite le risque de dĂ©cisions brutales ou incohĂ©rentes.
Une croissance Ă©conomique plus robuste quâil nây paraĂźt
LâĂ©conomie amĂ©ricaine sort dâune phase de croissance soutenue, avec des rythmes supĂ©rieurs Ă leur tendance de long terme sur plusieurs trimestres consĂ©cutifs. MĂȘme si un ralentissement technique est attendu, les moteurs internes demeurent bien orientĂ©s.
La consommation des mĂ©nages reste dynamique, soutenue par un marchĂ© de lâemploi qui se stabilise et par des flux financiers exceptionnels liĂ©s Ă des ajustements fiscaux. Ces remboursements dâimpĂŽts, versĂ©s avec retard, constituent un apport de liquiditĂ©s significatif, susceptible dâalimenter la demande au cours des prochains mois.
Par ailleurs, lâincertitude commerciale sâattĂ©nue progressivement. Les accords bilatĂ©raux se multiplient et les effets nĂ©gatifs des tensions passĂ©es sâestompent, ce qui amĂ©liore la lisibilitĂ© pour les entreprises.
Des bĂ©nĂ©fices dâentreprises solides et mieux rĂ©partis
La progression des marchĂ©s ne repose plus uniquement sur lâexpansion des valorisations. Ce sont avant tout les bĂ©nĂ©fices des entreprises qui portent la hausse. Les rĂ©sultats continuent de surprendre positivement, avec une croissance des profits qui sâĂ©tend dĂ©sormais Ă la majoritĂ© des secteurs.
Fait notable, cette amĂ©lioration intervient sans hausse proportionnelle des effectifs. Les gains de productivitĂ© jouent donc un rĂŽle clĂ©, portĂ©s par lâautomatisation et lâadoption de nouvelles technologies. Cette dynamique renforce la rentabilitĂ© des entreprises et soutient les perspectives Ă moyen terme.
MĂȘme dans les secteurs plus sensibles Ă la rĂ©glementation ou aux cycles Ă©conomiques, les fondamentaux restent globalement bien orientĂ©s, grĂące Ă une activitĂ© soutenue et Ă des marges prĂ©servĂ©es.
Une rotation des marchĂ©s rĂ©vĂ©latrice dâun cycle plus sain
Depuis plusieurs mois, le leadership boursier évolue. Les grandes valeurs technologiques ne sont plus seules à tirer les indices. Les actions cycliques, les entreprises de taille moyenne et les marchés internationaux prennent progressivement le relais.
Cette rotation traduit une confiance accrue dans la soliditĂ© de lâĂ©conomie mondiale. Les segments qui bĂ©nĂ©ficient le plus dâune amĂ©lioration de la croissance et dâun assouplissement monĂ©taire relatif reprennent de lâattrait. Pour les investisseurs, cette Ă©volution rĂ©duit le risque de concentration excessive et ouvre la voie Ă une diversification plus Ă©quilibrĂ©e.
En 2026, les marchĂ©s semblent avoir appris Ă faire la part des choses entre lâagitation mĂ©diatique et la rĂ©alitĂ© Ă©conomique. Les annonces politiques et gĂ©opolitiques continueront dâalimenter des phases de volatilitĂ© ponctuelles, mais elles ne suffisent pas, Ă elles seules, Ă inverser une tendance portĂ©e par des fondamentaux solides.
Prix de lâĂ©nergie maĂźtrisĂ©s, inflation plus stable, croissance rĂ©siliente, bĂ©nĂ©fices en hausse et rotation sectorielle saine composent un environnement globalement constructif. Pour lâinvestisseur, lâenjeu nâest donc pas de rĂ©agir Ă chaque titre anxiogĂšne, mais de rester concentrĂ© sur les dynamiques Ă©conomiques de fond. Ă ce jeu-lĂ , ce sont encore les fondamentaux qui gardent le volant.
Â
đŠ Investissement : Fonds en euros performants, ce qui fait vraiment la diffĂ©rence en assurance-vie
On les disait dĂ©passĂ©s, incapables de rivaliser avec lâinflation ou les marchĂ©s financiers. Pourtant, certains fonds en euros continuent dâafficher des rendements solides, sans recourir Ă des artifices temporaires. DerriĂšre ces performances se cachent des choix de gestion trĂšs prĂ©cis, souvent contraignants pour lâĂ©pargnant, mais redoutablement efficaces. Comprendre comment ces fonds sont construits permet de mieux identifier ceux qui peuvent tenir dans la durĂ©e et dâĂ©viter les promesses trop belles pour ĂȘtre vraies.
Des fonds en euros comparables Ă des paquebots
Un fonds en euros reste un vĂ©hicule lourd Ă manĆuvrer. Son portefeuille est largement composĂ© dâobligations achetĂ©es parfois il y a plusieurs annĂ©es, Ă une Ă©poque oĂč les taux Ă©taient proches de zĂ©ro. Cette inertie pĂšse mĂ©caniquement sur la performance.
Pour contourner cette difficultĂ©, une grande partie du marchĂ© a multipliĂ© les taux boostĂ©s, souvent conditionnĂ©s Ă des versements temporaires ou Ă une forte part dâunitĂ©s de compte. Ces stratĂ©gies amĂ©liorent ponctuellement lâaffichage, mais ne reflĂštent pas toujours la performance rĂ©elle du fonds sur le long terme.
La gestion opportuniste comme levier de performance
Certains acteurs ont choisi une autre voie, plus sélective. Le cas du fonds Corum Euro illustre bien cette approche. AprÚs des rendements trÚs élevés lors de ses premiÚres années, il affiche encore plus de 4 % en 2025, sans campagne promotionnelle.
Cette performance repose avant tout sur un contrĂŽle strict de la collecte. LâaccĂšs au fonds est plafonnĂ© Ă une fraction du contrat, le reste devant ĂȘtre investi sur des supports plus dynamiques. Lorsque les objectifs de collecte sont atteints, les versements libres sont suspendus afin dâĂ©viter toute dilution de la performance. Cette discipline permet de prĂ©server la qualitĂ© du portefeuille existant.
Sur le plan des investissements, la structure reste relativement classique, avec une majoritĂ© dâobligations dâentreprises bien notĂ©es et de dettes souveraines. Une poche immobiliĂšre vient complĂ©ter lâensemble, tout comme une exposition mesurĂ©e Ă des obligations plus rĂ©munĂ©ratrices, sĂ©lectionnĂ©es avec prudence. Cette recherche de rendement supplĂ©mentaire sâaccompagne toutefois dâune moindre capacitĂ© Ă constituer des rĂ©serves importantes, ce qui limite la marge de sĂ©curitĂ© en cas de retournement des marchĂ©s.
Le modÚle mutualiste, une autre voie vers la régularité
Ă lâopposĂ© de cette gestion trĂšs contrainte, certains assureurs mutualistes continuent de servir des rendements honorables sans restreindre lâaccĂšs Ă leur fonds en euros. La MIF en est un bon exemple, avec un taux supĂ©rieur Ă 3 % servi de maniĂšre uniforme Ă lâensemble de ses assurĂ©s.
Cette stabilitĂ© repose sur une structure de coĂ»ts trĂšs contenue et sur une politique de rĂ©serves accumulĂ©es au fil des annĂ©es. Le portefeuille est largement investi en obligations, complĂ©tĂ© par une diversification mesurĂ©e en immobilier et en actions. Cette approche permet de lisser les performances dans le temps et dâabsorber plus facilement les cycles de marchĂ©.
Dâautres mutuelles suivent une logique similaire, comme la MACSF, La France Mutualiste ou encore la MAAF, avec des rendements corrects, parfois complĂ©tĂ©s par des mĂ©canismes incitant Ă la diversification, mais sans verrouiller totalement lâaccĂšs au fonds en euros.
Les limites des grands acteurs bancaires
Du cĂŽtĂ© des bancassureurs, la situation est souvent plus dĂ©licate. Leurs fonds en euros sont de trĂšs grande taille et restent fortement exposĂ©s Ă des obligations anciennes, acquises Ă des taux historiquement bas. MalgrĂ© la remontĂ©e rĂ©cente des rendements obligataires, lâimpact sur la performance globale reste lent. Les taux servis demeurent ainsi plus modestes, hors opĂ©rations commerciales ciblĂ©es et temporaires.
Les fonds en euros performants ne doivent rien au hasard. Ils reposent soit sur une gestion opportuniste trĂšs encadrĂ©e, avec des contraintes dâaccĂšs fortes, soit sur une approche plus prudente et mutualiste, fondĂ©e sur des coĂ»ts rĂ©duits et des rĂ©serves solides.
Pour lâĂ©pargnant, lâenjeu nâest pas seulement de regarder le taux affichĂ©, mais de comprendre les conditions qui lâaccompagnent et la capacitĂ© du fonds Ă tenir dans le temps. Dans un contexte de normalisation des taux, les meilleurs fonds en euros restent accessibles, Ă condition dâaccepter leurs rĂšgles du jeu et de les intĂ©grer dans une stratĂ©gie patrimoniale plus globale, mĂȘlant sĂ©curitĂ© et diversification.
Â
đž Les annonces dâentreprises Ă noter de la semaine :
Stellantis abandonne ses SUV Jeep hybrides rechargeables et ses monospaces Chrysler en raison du ralentissement des ventes de véhicules électriques.
Walmart s'associe Ă Google, pour permettre aux acheteurs d'acheter des produits via Gemini.
Donald Trump a exigĂ© que les sociĂ©tĂ©s de cartes de crĂ©dit (Visa, American Express, MastercardâŠ) plafonnent leurs taux dâintĂ©rĂȘt Ă 10% dâici le 20 janvier, alors que des experts soulignent quâune telle mesure nĂ©cessiterait une loi du CongrĂšs.
La SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale a banque abandonnĂ© un outil dâIA interne au profit de Copilot de Microsoft, selon Bloomberg.
Apple a conclu un partenariat pluriannuel avec Google (Alphabet), qui fournira au fabricant de lâiPhone ses modĂšles dâIA gĂ©nĂ©rative Gemini afin dâamĂ©liorer ses fonctionnalitĂ©, notamment lâassistant vocal Siri.
Alphabet dépasse les 4 000 milliards de dollars de capitalisation, dopé à l'IA.
Engie remporte son premier projet hybride en Inde. Le groupe signe par ailleurs un contrat de 15 ans pour l'approvisionnement en GNL de centrales électriques thaïlandaises.
La faillite de Saks laisse des créances impayées chez les groupes de luxe comme Chanel (136 millions de dollars), Kering (60 millions) ou encore LVMH (26 millions).
Le CEO de Novo Nordisk estime que la perte d'exclusivité sur plusieurs marchés en 2026 pourrait entraßner une année difficile pour l'entreprise.
Boeing dépasse Airbus en nombre de commandes pour la premiÚre fois de la décennie.
Sanofi convoiterait la biotech américaine Ocular Therapeutix (2,4 MdsUSD de capitalisation actuellement), selon La Lettre.
M6 Métropole Télévision signe un accord de distribution de M6+ avec Prime Video (Amazon).
Wizz Air double ses prévisions de croissance pour 2026.
Le bénéfice trimestriel de TSMC atteint un niveau record porté par l'essor de l'IA.
Alstom va fournir une nouvelle flotte de métros pour le réseau de métro de Toronto, dans le cadre d'un contrat de 1,4 MdEUR.
Le groupe Aéroports de Paris enregistre une hausse de son trafic passagers de 4,2% en 2025.
Carrefour et Lidl pourraient ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par la mise en vente de la filiale française d'Aldi.
La Maison Banche prendrait des mesures pour faire payer aux géants de la technologie la hausse des coûts énergétiques, selon Bloomberg.
Ford et BYD seraient en pourparlers pour des batteries de véhicules hybrides aprÚs l'effondrement du marché des véhicules électriques, selon le WSJ.
Mitsubishi Corporation va racheter le producteur américain de gaz de schiste Aethon pour 5,2 MdsUSD.
Â
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse